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Rocard et Juppé dessinent la France de demain

publié le 20 nov. 2009 05:52 par * scanff

Rocard et Juppé dessinent la France de demain

Michel Rocard et Alain Juppé, coprésidents de la commission chargée de proposer des priorités pour le futur emprunt national, ici à Matignon, en juillet dernier.
Michel Rocard et Alain Juppé, coprésidents de la commission chargée de proposer des priorités pour le futur emprunt national, ici à Matignon, en juillet dernier.

INFO FIGARO - La commission sur le grand emprunt recommande à l'État d'investir 35 milliards d'euros dans sept domaines déclinés en 17 programmes d'action. Couplé au financement privé, l'investissement total atteindrait 60 milliards.

«Cet emprunt national doit être porteur de sens et d'espoir pour les générations futures.» Chargés de réfléchir aux priorités stratégiques d'investissements qui seront financées par un grand emprunt annoncé dans son principe en juin dernier par le président de la République , Michel Rocard et Alain Juppé ont achevé leurs travaux. Après avoir auditionné plus de deux cents acteurs et examiné plus de trois cents contributions écrites, ils rendront ce jeudi matin leurs conclusions à Nicolas Sarkozy. Dans ce document de 128 pages, que Le Figaro s'est procuré, les deux anciens premiers ministres rappellent qu'il y a «deux façons de mal préparer l'avenir : accumuler les dettes pour financer les dépenses courantes; mais aussi, et peut-être surtout, oublier d'investir dans les domaines moteurs». Principale donnée à l'appui de ce constat : la part de l'investissement dans les dépenses publiques a reculé d'un point depuis le début des années 1980, passant de 6% à 5%.

Pour toutes ces raisons, la commission recommande d'engager la transition vers un nouveau modèle de croissance «moins dépendant des énergies fossiles et davantage tourné vers la connaissance». Et ce, avec la contribution d'«une intervention publique résolue». Plutôt que de cibler des projets précis, les vingt-deux membres de la commission ont préféré «définir de grandes priorités», répondant à ce double impératif d'économie verte et de la connaissance. Au final, sept «axes» d'investissement ont été retenus, associés à dix-sept programmes «d'actions». L'enseignement supérieur se taille la part du lion avec 16 milliards d'investissement proposés, suivi par le développement des villes de demain (aménagement urbain, réseaux intelligents...), qui se voit allouer 4,5 milliards, et le numérique (4 milliards dont deux pour le passage au très haut débit). Les autres axes concernent les PME innovantes, les sciences du vivant, les énergies décarbonées et la mobilité du futur.


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Au total, la commission recommande que l'État investisse 35 milliards d'euros dans ces sept programmes. Mais, «par effet de levier vis-à-vis des financements privés, locaux et européens, l'emprunt national devrait finalement correspondre à un investissement total de plus de 60 milliards», souligne le rapport. Dans tous les cas, les dépenses choisies sont «porteuses d'une ­rentabilité directe» (dividendes, royalties, intérêts…) ou «indirecte» (recettes fiscales induites par une activité économique accrue) pour l'État et de bénéfices socio-économiques.

Comité de surveillance

Si les modalités de levée de l'emprunt n'entraient pas dans le mandat de la commission, «il lui est apparu indispensable de proposer la mise en place d'un dispositif ­rigoureux de gouvernance», soulignent Alain Juppé et Michel Rocard. La commission préconise non seulement que les fonds levés par l'emprunt national soient «affectés à des organismes gestionnaires et gérés de manière étanche par rapport au reste du budget». Mais elle recommande aussi la mise en place, auprès du premier ministre, d'un comité de surveillance, «composé à part égale de parlementaires, de personnalités qualifiées et de représentants des ministères concernés», lequel pourrait être doté d'une partie des fonds de l'emprunt national, «par exemple 0,05% du montant». Et ce, afin d'être certain que l'argent aille bien là où il est censé aller.

Quant au montant de cet emprunt, il ne devrait pas atteindre les 35 milliards d'investissements évoqués dans le rapport Juppé-Rocard. L'État va en effet se servir des 13 milliards que lui ont remboursés les banques qu'il avait aidées pendant la crise financière. Il ne lui restera plus alors qu'une grosse vingtaine de milliards à emprunter. Exactement ce que le Trésor estime être la capacité d'emprunt supplémentaire de la France sans risque de dégrader sa notation.

Rocard : Nous estimons que l'emprunt ne devra pas être trop supérieur à 30 milliards d'euros

publié le 19 oct. 2009 01:34 par * scanff

e montant du grand emprunt national devra être légèrement supérieur à 30 milliards d'euros, dit Michel Rocard lundi 19 octobre. Un membre du gouvernement avait avancé la semaine dernière que le montant serait d'environ 40 milliards d'euros, soulignant que ce chiffre était l'objectif défendu par l'ancien premier ministre socialiste. "Nous estimons que l'emprunt ne devra pas être trop supérieur à 30 milliards d'euros", dit M. Rocard.
 
L'ancien premier ministre Michel Rocard co-préside avec Alain Juppé la commission chargée du grand emprunt national.

Grand emprunt national: le gouvernement présente 29 projets pour la recherche

publié le 7 oct. 2009 04:05 par * scanff

Le gouvernement a réuni mardi matin des hauts responsables de la recherche en France afin de présenter 29 projets de financement dans le cadre du grand emprunt national annoncé par Nicolas Sarkozy pour 2010.

"Je souhaite que nous utilisions l'opportunité exceptionnelle du grand emprunt pour faire faire un saut technologique à notre pays", a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse à l'ouverture d'un séminaire de réflexion réunissant chercheurs et représentants du monde économique.

Les grands axes du séminaire ont été définis au cours de l'élaboration d'une stratégie nationale de recherche et d'innovation (SNRI), à laquelle ont participé quelque 600 chercheurs.

Les trois domaines prioritaires identifiés sont la santé et les biotechnologies, l'environnement et les écotechnologies, ainsi que l'informatique, la communication et les nanotechnologies.

"Nous devons casser les barrières artificielles entre le public et le privé", a aussi souligné Valérie Pécresse. Aucun espace propre n'a été réservé aux sciences humaines et sociales (SHS) car "elles doivent irriguer l'ensemble des domaines de recherche identifiés", a déclaré pour sa part la présidente du comité de pilotage de la SNRI, la sociologue Danièle Hervieu-Léger.

Si l'accent est mis sur la recherche partenariale entre le public et le privé et la création de ponts entre la recherche et l'innovation industrielle, le comité de pilotage a néanmoins réaffirmé "la centralité de la recherche fondamentale".

Au total, 29 propositions ont été couchées sur le papier. On y trouve par exemple la "dotation en capital de dix fondations adossées à des pôles d'excellence de soins, de recherche et de valorisation sur les grands défis de la santé publique".

Devraient aussi être financés dans le cadre du grand emprunt des observatoires de l'environnement pour mieux comprendre les interactions entre la faune, la flore et l'être humain ou encore la modélisation des écosystèmes grâce au renforcement des traitements de données.

Le séminaire doit permettre de hiérarchiser les 29 projets retenus, que Mme Pécresse présentera mercredi à la commission Juppé-Rocard sur le grand emprunt national, a-t-on appris auprès du ministère.

Le grand emprunt alimentera la voiture électrique à hauteur de 900 millions

publié le 2 oct. 2009 08:12 par * scanff

Le gouvernement compte mobiliser 900 millions du futur grand emprunt, pour financer une partie du plan d'infrastructures lié au développement de la voiture électrique. Il apportera en outre 125 millions d'euros à l'usine de batteries de Renault, et 250 millions aux différents constructeurs installés en France.

« Cette fois-ci, on fait le plan “voiture électrique” en vrai. Sur un tel sujet, aucun acteur ne peut prendre le risque tout seul. Mais si tout le monde s'y met en même temps, ça marche. » Le ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo, s'est voulu volontariste, hier, en présentant le plan du gouvernement pour encourager le développement des voitures électriques et hybrides rechargeables. Mais, avant d'économiser des émissions de CO2 dans l'Hexagone, le développement de cette nouvelle filière aura un coût non négligeable : 1,5 milliard d'euros, rien que pour les infrastructures publiques de recharge des voitures, qui ne représenteront que 10 % des points de charge totaux imaginés par les pouvoirs publics à l'horizon de 2020. Les 90 % de prises restantes seront laissées au secteur privé, soit dans l'habitat classique, soit dans les entreprises.

Le rôle moteur des communes

Pour couvrir une bonne partie de cette somme, le grand emprunt national devrait être mis à contribution à hauteur de 900 millions d'euros, a laissé entendre Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Le chef de l'Etat a, dès le départ, rangé la voiture électrique parmi les sujets prioritaires à aider dans le cadre du grand emprunt. Le solde devrait être trouvé par les communes concernées, qui auront un rôle moteur dans le projet et définiront les formes juridiques adaptées (partenariats public-privé, délégation de service public, etc.).

Côté véhicules, par ailleurs, l'Etat a prévu d'apporter 125 millions d'euros à l'usine de batteries électriques que Renault prépare à Flins (Yvelines), par l'entremise du Fonds stratégique d'investissement (FSI). Pour ne pas importer indéfiniment du Japon des batteries NEC, Renault a prévu de mettre les bouchées doubles sur le projet, qui représente un investissement total de 625 millions. Objectif, une production initiale de 100.000 batteries lithium-ion par an et 250.000 à terme. Car, surprise, le groupe de Carlos Ghosn envisage de vendre ses batteries à d'autres constructeurs, à commencer peut-être par son concurrent PSA. Des discussions se tiennent sur le sujet, mais le groupe Peugeot-Citroën garde d'autres options ouvertes.

L'Etat devrait donner d'autres coups de pouce financiers aux industriels, en mobilisant les 250 millions d'euros de prêts bonifiés déjà prévus dans le cadre du « pacte automobile ». A répartir entre Renault (150 millions), pour ses futures voitures électriques promises à Flins et Maubeuge, PSA qui produira sa 3008 hybride à Mulhouse, et l'allemand Daimler qui lancera à Hambach (Moselle) la Smart en mode électrique. Autres acteurs plus petits sur la filière, mais qui comptent bien glaner quelques subsides : Heuliez, qui commercialisera dans un an son petit véhicule Friendly (passagers ou utilitaire), et la SVE de Dassault, qui vient de placer ses activités automobiles sous l'aile de Dow Kokam, mais prévoit d'implanter une usine de batteries en France.

4 millions de prises en 2020

A terme, le gouvernement voit grand : il n'hésite pas à tabler sur un parc en circulation de 450.000 modèles électriques et hybrides « plug-in » en 2015, puis 2 millions en 2020 et 4,5 millions en 2025. D'où un besoin, en raisonnant sur la base de 2,2 prises par véhicule en moyenne, de 975.000 points de recharge sur le territoire en 2015 et de 4 millions de prises cinq ans plus tard. Du coup, le projet de loi Grenelle 2 a été amendé pour rendre obligatoire la pose de prises dans les parkings des immeubles neufs (2012) et dans tous les immeubles de bureaux trois ans plus tard.

http://www.lesechos.fr/info/auto/020157176379.htm

Sarkozy : "que l'emprunt national puisse financer certains investissements dans les sciences du vivant"

publié le 22 sept. 2009 01:32 par * scanff   [ mis à jour le·22 sept. 2009 01:35 ]

Nicolas Sarkozy suggère qu'une part du futur grand emprunt national soit consacrée au développement des sciences du vivant et favorise ainsi l'émergence de "centres biomédicaux d'excellence" de réputation internationale.

Nicolas Sarkozy, lors de sa visite à l'unité de transplantation hépatique de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne). Le chef de l'Etat a suggéré qu'une part du futur grand emprunt national soit consacrée au développement des sciences du vivant et favorise ainsi l'émergence de centres biomédicaux d'excellence de réputation internationale, dans un discours à l'occasion de la célébration de la 2.500e greffe de foie dans cet établissement. (Reuters/Philippe Wojazer) 

Nicolas Sarkozy, lors de sa visite à l'unité de transplantation hépatique de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne). Le chef de l'Etat a suggéré qu'une part du futur grand emprunt national soit consacrée au développement des sciences du vivant et favorise ainsi l'émergence de "centres biomédicaux d'excellence" de réputation internationale, dans un discours à l'occasion de la célébration de la 2.500e greffe de foie dans cet établissement. (Reuters/Philippe Wojazer)

"Les biotechnologies, en France, restent un marché trop étroit. Les perspectives de développement sont prometteuses, mais il n'y a pas assez de liens avec les industriels", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours à l'occasion de la célébration de la 2.500e greffe de foie à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne).

La commission sur les priorités du grand emprunt, présidée par les anciens Premiers ministres Michel Rocard et Alain Juppé, doit remettre en novembre ses propositions au chef de l'Etat.

Les modalités et le montant de l'emprunt, qui sera mis en oeuvre en 2010, restent à définir.

"Je suis convaincu que nous pouvons faire des sciences du vivant et de la santé le moteur de notre économie de demain", a dit Nicolas Sarkozy.

"Je fais une proposition : que l'emprunt national, sur lequel le gouvernement aura à arbitrer à la fin de l'année, puisse financer certains investissements dans les sciences du vivant", a-t-il poursuivi, en défendant la proposition du rapport Marescaux en faveur de la labellisation d'instituts hospitalo-universitaires (IHU).

La commission sur la réforme des centres hospitaliers et universitaires (CHU), présidée par le professeur Jacques Marescaux, prône dans un rapport rendu public en mai l'émergence d'un nombre limité d'Instituts hospitalo-universitaires (IHU) pour donner à des "équipes d'excellence les moyens de rivaliser au niveau international".

Ces IHU seraient labellisés dans le cadre d'un appel d'offres après évaluation par un jury international, selon des critères visant à distinguer l'excellence.

Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que cet appel d'offres soit organisé en 2010 en vue de la naissance de "cinq centres d'excellence maximum".

"L'octroi du label 'IHU' à un centre d'excellence biomédicale rendrait tout ou partie de ses investissements éligibles au financement de l'emprunt national", a-t-il expliqué.

http://www.lexpress.fr/actualites/2/sarkozy-souhaite-que-l-emprunt-beneficie-aux-sciences-du-vivant_788637.html

Michel Rocard : un maximum de 100 milliards pour l'emprunt national

publié le 16 sept. 2009 04:14 par * scanff

Michel Rocard : "Nous avons encore un mois et demi pour rendre nos conclusions. Je pense que nous proposerons plusieurs scénarios : soit un échelonnement de l'emprunt sur plusieurs années à raison de 20 milliards d'euros par an, soit un emprunt en une seule fois pour ne pas se perdre dans les dédales de l'administration", a déclaré l'ancien Premier ministre. "En tout état de cause, 100 milliards d'euros me paraissent un maximum"

Au moins cinq milliards d’euros pour sauver le fret

publié le 15 sept. 2009 05:21 par * scanff

INFO LE FIGARO - Le plan Fret d’avenir qui devrait être annoncé demain mercredi pourrait être financé par le grand emprunt national.

Depuis une semaine, les réunions se sont multipliées à l’Élysée ainsi qu’au ministère de l’Écologie et du Développement durable qui chapeaute les transports. Selon nos informations, le gouvernement devrait annoncer demain un plan de 5 milliards d’euros qui seront consacrés au développement du transport ferroviaire de marchandises. Hier encore, les négociations se poursuivaient entre la SNCF, Réseau ferré de France (l’établissement public propriétaire des voies) et le ministère de l’Écologie. Les derniers arbitrages seront pris aujourd’hui. 5 milliards d’euros, peut-être plus. Hier, des sources proches du dossier n’excluaient pas que l’enveloppe soit finalement de 7 milliards.

Ce grand plan, qui se situe dans le droit-fil du Grenelle de l’environnement, devrait être baptisé Fret d’avenir. L’ambition du gouvernement est de favoriser le report du transport de marchandises des camions vers les trains. Ce report « modal », selon le jargon technique, la SNCF n’a jamais su le réaliser. Aujourd’hui, seulement 14 % du fret sont transportés par train.

« Attention, avertit une source gouvernementale, ce plan ne va pas renflouer les comptes de la SNCF mais développer les infrastructures indispensables à la modernisation du fret. » Le plan Fret d’avenir n’a donc pas vocation à combler les déficits (600 millions d’euros cette année) que la SNCF accumule dans le transport de marchandises.

Le développement du fret ferroviaire figurait dans la lettre de mission de Guillaume Pepy lorsqu’il a été nommé PDG de la SNCF en 2008. Le plan Fret d’avenir en est la suite logique. Guillaume Pepy l’a préparé cet été dans le plus grand secret. Il l’a ensuite défendu auprès du gouvernement. « Je joue une partie de mon mandat sur ce sujet », rappelle l’intéressé.

Selon nos informations, ce vaste programme devrait être financé par le grand emprunt national annoncé au printemps par Nicolas Sarkozy. Guillaume Pepy ferait en tout cas tout pour que la SNCF ait elle aussi sa part. « Sous le regard attentif de Bruxelles, la SNCF n’aura pas un centime, explique un proche du dossier. La plupart des investissements seront des projets d’infrastructures. »
 

Lemonde.fr - Frédéric Mitterrand : numérisation et grand emprunt

publié le 13 sept. 2009 03:53 par * scanff

La numérisation de notre patrimoine est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls spécialistes. Elle nous concerne tous. C'est la conservation, le rayonnement et l'accessibilité de notre patrimoine et de notre création qui sont en jeu. Nous le savons : nous serons jugés demain, nous le sommes déjà, sur notre capacité à accompagner la révolution numérique pour la mettre au service de nos concitoyens.


Tous les champs de la culture sont concernés, et chacun fait déjà des choses remarquables dans son domaine. L'Institut national de l'audiovisuel (INA) rend accessible une part considérable de nos riches archives audiovisuelles. La plupart de nos musées, le Louvre et Orsay en tête, offrent aux internautes des visites informées de leurs prestigieuses collections. Le ministère de la culture et de la communication met à la disposition de tous, en un seul clic, des millions d'images et de notices.

Toutes réalisations qui viennent à point nommé, au moment où, après tant d'années de difficultés de mise en place, un enseignement d'histoire des arts va être proposé dans nos écoles, collèges et lycées. Enfin, les récents débats l'ont mise une nouvelle fois en première ligne, la Bibliothèque nationale de France (BNF) a commencé à élaborer, depuis quelques années, une bibliothèque numérique à deux étages : Gallica, riche de près d'un million de documents et de trois millions de visites en 2008, pour sa partie française, et Europeana, qu'elle bâtit en commun avec ses partenaires européens.

Pour être vraiment accessible, il faut être visible. Toutes ces initiatives donnent parfois l'impression d'avancer quelque peu en ordre dispersé. Il est nécessaire de faire enfin un grand fleuve à partir de toutes ces rivières qui ne sont, d'ailleurs, pas si petites qu'il n'y paraît. Je veux que soit créée, dans les meilleurs délais, une seule et unique porte d'entrée pour l'ensemble du patrimoine culturel français sur Internet.

Un tel portail aura plusieurs avantages évidents : sa richesse et son attractivité le rendront incontournable aux grands moteurs de recherche internationaux afin qu'ils ne puissent omettre de l'indexer, quelle que soit la complexité parfois opaque de leurs algorithmes de classement. En outre, il saura permettre l'accès de tous sans sombrer dans la précipitation du vrac ou l'empressement du zapping. Il pourra bénéficier de toutes les avancées du Web, les blogs, les réseaux sociaux, les forums pour enrichir et rendre plus familier, plus convivial, notre accès à la culture.

C'est dire si je n'oppose pas ici, dans une vision frontale et caricaturale qui serait ridicule, la technologie au patrimoine, Google à Europeana, le public au privé, la France à l'Amérique, Astérix à Goliath. Je ne pratique pas le "ni ni", pas davantage le "ou bien, ou bien" : chacun des projets possède sa logique et ses qualités propres, ce qui n'exclut pas d'imaginer des connexions ou d'éventuelles complémentarités.

Je connais l'efficacité du géant américain : je sais les raisons qui ont amené des institutions aussi vénérables que la Bibliothèque bodléienne d'Oxford ou, plus près de nous, celle de Lyon, à travailler avec l'entreprise de Sergei Brin et Larry Page. Je n'exclus aucune solution et je souhaite que nous prenions un peu de hauteur pour fixer notre attention sur les enjeux.

Je sais que tout ce qui touche au patrimoine et à la création, autant dire à notre mémoire et à notre imagination personnelles et collectives, est passionnel en France, et il faut, en un sens, s'en réjouir. Les Français, depuis la création du ministère des affaires culturelles, dont nous célébrons cette année le cinquantenaire, ont toujours été très sensibles à la diversité de l'offre culturelle sur notre planète.

Ils savent qu'il existe, depuis longtemps, une équation équilibrée entre notre exigence d'indépendance nationale et le pluralisme artistique et culturel. Ils connaissent les écueils du monolithisme d'Etat, aussi bien que les dangers de l'hyperpuissance et du monopole. Le président de la République l'a rappelé à plusieurs reprises, dans son discours de Nîmes, ou encore, plus récemment, dans celui qu'il a prononcé au Palais de Chaillot, à la Cité de l'architecture : le temps n'est plus où l'art, "le vrai, le grand, le beau", comme disait Victor Hugo, était considéré comme secondaire et supplétif, voire superflu. La "société de la connaissance" sera une société de l'accessibilité ou ne sera pas.

Et on ne pourra pas y faire l'économie du levier numérique. C'est pourquoi je proposerai qu'une partie du grand emprunt national soit consacrée à cet enjeu fondamental, celui du soin que nous prenons à nos symboles, qui n'ont, chacun le sait, rien de symbolique et celui des garanties que nous donnons à nos créateurs ainsi qu'à l'ensemble des internautes.


Frédéric Mitterrand est ministre de la culture et de la communication.

Lefigaro.fr - Les principaux points du discours de Nicolas Sarkozy

publié le 10 sept. 2009 12:13 par * scanff   [ mis à jour le·10 sept. 2009 12:57 ]

Nicolas Sarkozy a inauguré lundi une nouvelle prérogative présidentielle, en s'exprimant devant les parlementaires pour la première fois depuis 1848. 

Nicolas Sarkozy a inauguré lundi une nouvelle prérogative présidentielle, en s'exprimant devant les parlementaires pour la première fois depuis 1848. Crédits photo : AP

Devant le Congrès, le président a exclu toute politique de rigueur et promis qu'il n'augmentera pas les impôts. Revue de ses principales déclarations.

«Ayons le courage de changer» : pendant trois quarts d'heure, Nicolas Sarkozy a martelé une nouvelle fois que la crise ne devait pas servir de prétexte à l'immobilisme, mais plutôt «rendre plus libre d'imaginer un autre avenir». (Voir le discours en intégralité avec LCP-AN et Public Sénat)

«La crise n'est pas finie, nous ne savons pas quand elle se terminera», a reconnu le chef de l'Etat, dans son premier discours devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles.

Elle «appelle à une remise en cause profonde (…) rien ne sera plus comme avant», a-t-il ajouté devant l'aréopage de sénateurs et de députés.

Même si le président voulait se démarquer des habituels discours de politique générale, son exposé inédit a gardé une tonalité traditionnelle.

Burqa, Hadopi, déficit, retraite, taxe carbone, prisons… Nicolas Sarkozy a détaillé un à un les grands enjeux qui rythmeront l'acte II de son quinquennat, malgré une crise qui créé une «situation sans précédent».

«UN EMPRUNT POUR FINANCER LES PRIORITES NATIONALES»

Comme l'avait annoncé Le Figaro dans son édition de lundi, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'un emprunt pour faire face aux déficits abyssaux, - le déficit public global devrait dépasser 7% du PIB en 2009 et 2010 -. Il sera exclusivement consacré au financement de «priorités stratégiques pour l'avenir» et levé soit sur les marchés financiers, soit auprès des Français. Le montant et les modalités de cet emprunt ne seront arrêtés que lorsque ces priorités auront été fixées, a-t-il précisé. Une concertation de trois mois sera lancée avec le Parlement, les partenaires sociaux, les milieux économiques et culturels, afin de définir ces priorités.

Tout en reconnaissant que la France «a un problème de finances publiques, de déficit», le chef de l'Etat a exclu avec force toute augmentation d'impôts. «Je ne ferai pas la politique de rigueur parce que la politique de rigueur a toujours échoué. Je n'augmenterai pas les impôts car cela retarderait longtemps la sortie de crise», a-t-il insisté.

«Les recettes de la croissance devront être intégralement consacrées à réduire les déficits dus à la crise», a-t-il ajouté.
ANALYSE VIDEO - Pourquoi l'Etat lance-t-il un emprunt, par Yves de Kerdrel


Crédits photo : AFP

UNE DECISION SUR LES RETRAITES A LA MI-2010

Sur la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy a arrêté «le temps de la décision» «à la mi-2010». La semaine dernière, François Fillon avait affirmé que la question du relèvement de l'âge du départ à la retraite n'était pas taboue».

Le chef de l'Etat est allé dans ce sens lundi, en affirmant que l'année prochaine, «il faudra que tout soit mis sur la table : l'âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité», et que «toutes les options seront examinées».

Précisant que «les partenaires sociaux feront des propositions», il a assuré qu'il n'avait «nullement l'intention de fermer le débat alors même qu'(il) commence à l'ouvrir».

UN AN DE SALAIRE POUR LES LICENCIÉS ÉCONOMIQUES

Face à la crise, «tout licencié économique doit pouvoir garder son salaire et recevoir une formation pendant un an», a annoncé Nicolas Sarkozy, précisant qu'il proposerait «aux partenaires sociaux de prendre des mesures massives en faveur de l'activité partielle et d'étendre encore le contrat de transition professionnelle».

LA BURQA, NON GRATA DANS LA RÉPUBLIQUE

S'exprimant sur la polémique qui a enflammé la classe politique française, le président de la République a estimé que la burqa soulevait un «problème de dignité et de respect de la femme». «Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement (…) Elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française», a-t-il tranché. Il reviendra au Parlement de se prononcer sur l'opportunité d'un texte de loi.
EN SAVOIR PLUS

LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS, UNE PRIORITÉ

«Qui ne voit que notre modèle d'intégration ne fonctionne plus ?» a lancé le locataire de l'Elysée. La lutte contre les discriminations «sera la priorité du prochain gouvernement». «Il ne faut pas le faire sur des critères ethniques, il faut le faire sur des critères sociaux», a-t-il ajouté sous les applaudissements de son auditoire.

Avant son discours, Nicolas Sarkozy a été accueilli par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer qui préside le Congrès.
Avant son discours, Nicolas Sarkozy a été accueilli par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer qui préside le Congrès. Crédits photo : AFP

LE REMANIEMENT POUR MERCREDI

Comme l'annonçait Le Figaro le 12 juin dernier, le gouvernement de François Fillon sera bien remanié mercredi. Il s'agit notamment de remplacer Rachida Dati et Michel Barnier à la Justice et à l'Agriculture, après leur élection aux élections européennes.

En employant le mot de «remaniement» alors que ses conseillers, depuis plusieurs jours, s'escrimaient à minimiser l'événement, le président a créé un vent de panique chez les ministres, dans les couloirs du Congrès.

ALLER «JUSQU'AU BOUT» SUR HADOPI

«Comment peut-il y avoir des zones de non-droit ?», s'est interrogé le chef de l'Etat au sujet de la loi sur le téléchargement illégal (voir notre dossier spécial Hadopi), dont le Conseil constitutionnel a censuré la partie essentielle.

«En défendant le droit d'auteur, je ne défends pas seulement la création artistique. Je défends aussi l'idée que je me fais d'une société de liberté où la liberté de chacun est fondée sur le respect du droit des autres», a-t-il renchéri.

«C'est aussi l'avenir de notre culture que je défends, c'est l'avenir de la création. Voilà pourquoi j'irai jusqu'au bout», a-t-il également dit.

TAXE CARBONE, UN CHOIX STRATÉGIQUE

Nicolas Sarkozy a confirmé sa «détermination» à «aller le plus loin possible» sur la taxe carbone, ou «contribution climat-énergie» (CCE) dans la terminologie du Grenelle de l'environnement. «Plus nous taxerons la pollution, plus nous allègerons les charges pesant sur le travail», a-t-il déclaré sans toutefois préciser de calendrier.

CONSTRUIRE DES PRISONS

Tout en rappelant que 82.000 peines n'avaient pas été exécutées faute de place, le président a déploré l'état des prisons françaises. C'est «une honte pour notre République, quel que soit par ailleurs le dévouement du personnel pénitentiaire», a-t-il constaté.

Alors que la place Vendôme s'apprête à accueillir un nouveau ministre mercredi, Nicolas Sarkozy a donc annoncé la construction «d'autres prisons, (...) et des places dans les hôpitaux pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques, sans non plus établir de calendrier.
EN SAVOIR PLUS

LA RÉFORME DES COLLECTIVITÉ LOCALES CONFIRMÉE

Le chef de l'Etat a enfin promis d'aller «jusqu'au bout de la réforme des collectivités locales», en engageant notamment la «réduction du nombre des élus régionaux et départementaux». «Nous ne nous déroberons pas», a-t-il assuré, précisant que cette réforme porterait aussi sur les compétences des différentes collectivités.


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Lemonde.fr - Emprunt national : le gouvernement devra convaincre les sceptiques

publié le 10 sept. 2009 12:11 par * scanff   [ mis à jour le·15 sept. 2009 04:54 ]



Le gouvernement lance, dimanche 28 juin, la réflexion sur l'utilisation qui sera faite de l'emprunt national annoncé lundi par Nicolas Sarkozy devant le congrès à Versailles. Les modalités et le montant de l'emprunt ne seront annoncés qu'à l'automne, au terme de trois mois d'un débat national auquel seront associés le Parlement, les partenaires sociaux, les responsables économiques, les acteurs du monde de la culture, de la recherche et de l'éducation. Mais l'idée même d'un grand emprunt national laisse d'ores et déjà sceptiques la plupart des Français, qui sont 82 % à assurer ne pas avoir l'intention d'y souscrire.

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