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Les grandes opérations d'emprunts nationaux se sont, en règle générale, révélées très coûteuses pour les finances publiques, principalement les emprunts qui étaient indexés sur l'or afin de " sécuriser " les souscripteurs. En effet, ces emprunts étaient souvent émis dans des périodes où le cours de l'or était assez stable, mais le cours de l'or subissait ensuite de fortes hausses, rendant ainsi les remboursements onéreux. Les nombreuses exonérations fiscales ont aussi coûté cher.
- L'emprunt d'Antoine Pinay de mai 1952, d'un montant de 430 milliards de francs, est le premier emprunt national gagé sur l'or. Egalement dénommée " rente Pinay " il bénéficie d'une exemption fiscale, tant au niveau de l'impôt sur le revenu que des droits de succession. - Le second emprunt Pinay de juin 1958, d'un montant de 325 milliards de francs, également indexé sur l'or, est rémunéré à 3,5% (puis ensuite grâce à une renégociation son taux passe à 4,5%). Il offre encore deux avantages considérables : une exonération de l'impôt sur le revenu et des droits de succession. - L'emprunt Giscard d'Estaing de 1973, qui rapportait du 7% l'an et qui était lui aussi indexé sur l'or a été particulièrement onéreux pour les finances publiques. En effet, les cours de l'or ont fortement augmenté à partir de 1978. En 1988 à son échéance, près de 80 milliards de francs seront remboursés pour 6,5 milliards de francs empruntés. - L'emprunt Barre de 1977 émis au taux de 7,7% était indexé sur l'écu européen (l'ancêtre de l'euro). Il offrait aussi des avantages fiscaux dont une exonération de 1.000 francs par an sur ses intérêts. - L'emprunt Mauroy 1983. Emis au taux de 10% l'an, et d'une durée courte (3 ans), sa souscription était obligatoire pour les personnes payant plus de 5.000 francs d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur la fortune. - L'emprunt Balladur de 1993 était rémunéré à 6% l'an et d'une durée de quatre ans. Il avait rencontré un vif succès, en permettant de lever 110 milliards de francs (16,7 milliards d'euros) auprès de 1,4 million de souscripteurs, contre 40 milliards de francs initialement attendus. Outre son taux d'intérêt avantageux pour l'époque, cet emprunt offrait de nombreux atouts, notamment la possibilité de souscrire son emprunt avec des titres de Sicav monétaires, la possibilité d'échanger son "Balladur" contre des actions de sociétés privatisées (BNP, Elf-Aquitaine, UAP, France Télécom ...) et de mettre ses titres d'emprunt dans un plan d'épargne en actions (le PEA avait été lancé en 1992). De plus, des avantages supplémentaires étaient offerts, comme la possibilité de souscrire un supplément de titres France Télécom, à condition de payer avec du "Balladur". |
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